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Quand la cobotique permet d’imaginer des solutions innovantes La cobotique, une réponse à des problématiques industrielles sensibles

Dans l’industrie, certains milieux sont particulièrement critiques pour des interventions humaines, comme le nucléaire. Un simple changement de pièce sur une machine se transforme en défi très délicat à relever dans un environnement radioactif. La solution : faire appel à des robots guidés par l’homme pour intervenir dans ces situations à risque.

 

La cobotique, c’est la collaboration de l’homme et du robot, contrairement à la robotique, où le robot remplace complètement l’homme. Ce domaine permet d’éviter à l’homme des tâches répétitives, exténuantes ou dangereuses, tout en gardant le contrôle sur le geste réalisé. Un domaine plein de potentiel donc, que Trescal avait identifié dès ses débuts pour répondre aux demandes de ses clients de manière toujours plus innovante.

Environnement nucléaire : une solution sur mesure imaginée par Trescal

En 2006, un client du Groupe, spécialisé dans le nucléaire, a consulté les équipes de Trescal pour l’aider à mesurer les dimensions d’une pièce placée dans une boîte à gants où se trouvait du plutonium, avec pour objectif de la remplacer ensuite. Impensable, évidemment, de faire réaliser l’opération par un homme. Et que faire des outils, contaminés une fois utilisés ? « Les outils classiques ne nous permettaient pas de faire les contrôles et de relever les caractéristiques géométriques de cette pièce. Nous avons dû imaginer une solution unique pour ce cas précis », raconte Pascal Lecordier, alors chargé d’affaires chez A+ Métrologie (société rachetée par Trescal en 2017). Les équipes ont donc adapté un bras articulé issu du commerce, commandé par un opérateur, passant dans un rond de gant protégé et qui allait récupérer les différents points de mesure pour définir les caractéristiques géométriques de la pièce. Seul le palpeur du bras entrait dans la boîte à gant, et était ainsi l’unique pièce polluée à la fin de l’opération. « Sa petite taille permettait de la stocker et de la placer en bitumage facilement. »

Un bras articulé entièrement personnalisé

Problème : le bras, tel qu’il était conçu initialement, était trop large pour entrer dans le rond de gant. Il a donc fallu le personnaliser, et l’adapter pour qu’il puisse travailler à l’horizontale. « Nous avons ensuite mené une série de tests grandeur nature, sur une maquette montée, pour vérifier que le bras était bien opérationnel. Nous avons réalisé toutes les mesures à blanc : il était indispensable de se placer en conditions réelles pour assurer la qualité et le succès de l’opération à venir. » Car l’enjeu était de taille. En effet, l’opération devait se dérouler le plus rapidement possible afin que les techniciens ne dépassent pas les seuils autorisés d’exposition au plutonium. D’où l’intérêt d’une opération minutieusement préparée.

Un succès total pour cette innovation

Devant la réussite de l’opération, le client a renouvelé sa confiance à Trescal, et ce bras a été utilisé pour d’autres interventions dans la même usine à La Hague. « Ce sont des opérations rares, de très grande envergure, qui n’arrivent que tous les 4 à 5 ans. La cobotique permet de les simplifier et de les rationnaliser. Une étape de transition, sans doute, vers l’automatisation totale », conclut Pascal Lecordier.